BD / Manga, Chroniques

Macaroni !, Campi & Zabus

Macaronis : surnom péjoratif parfois donné aux immigrés italiens. Vincent Zabus et Thomas Campi traitent avec sensibilité d’un pan de l’immigration italienne en Belgique.

Qu’en dit l’éditeur ?

Quand Roméo apprend qu’il va devoir passer quelques jours avec son grand-père Ottavio à Charleroi… c’est une certaine idée de l’enfer pour le gamin de 11 ans. Pourtant, cette semaine s’avérera surprenante à bien des égards. Peut-être grâce à Lucie, la petite voisine, qui parlera de son « nono » à elle et qui lui fera découvrir la beauté des terrils, peut-être grâce à son papa qui, pour la première fois, évoquera son enfance, certainement grâce à Ottavio qui derrière ses airs de vieux bougon cache une vie faite de renoncements et de souffrances. Une vie qu’un gamin d’aujourd’hui ne peut imaginer. C’était une simple semaine de vacances, ce sera l’occasion de lever le silence qui pèse sur des hommes de trois générations.

Qu’en pensent les nuages ?

Une lecture aux tons chauds qui m’a rappelé l’Italie. Les planches hautes en couleurs tranchent avec les souvenirs gris et brumeux d’Ottavio.

Macaroni ! conte une rencontre entre deux générations. Une rencontre qui va délier les langues et lever le voile sur l’histoire familiale. Face à un grand-père bougon, renfermé sur lui-même et atteint de la maladie d’Alzheimer, Roméo doit jongler entre son inquiétude concernant ses parents, ses questions à propos du passé d’Ottavio et son amitié naissante avec sa jeune voisine Lucille. Maîtrisant peu à peu sa contrariété, il réussit à créer un lien, un contact avec son grand-père. Lien que son propre père a eu du mal à entretenir. Au bon gré des confessions de son « nono », Roméo découvre la guerre sous les ordres de Mussolini, l’immigration italienne en Belgique, le travail à la mine, les privations, les rêves déchus et les non-dits. Autant de thèmes abordés avec beaucoup de pudeur et d’équilibre. Les échanges entre grand-père et petit-fils évoluent au fur et à mesure des pages, et ne se limitent plus aux critiques ou reproches.

Les souvenirs heureux ou douloureux d’Ottavio représentés sous forme de brumes vaporeuses aident à percevoir ce qu’il n’arrive pas forcément à dire. Ce séjour hors du temps est également l’occasion pour Roméo de se rapprocher de son père et de lui faire part de sa colère lorsqu’il apprend le divorce de ses parents.

J’ai apprécié la lecture de cet hommage tendre aux immigrés italiens qui s’achève sur un retour aux sources plein d’espoir pour les futures générations.

Note : 4 sur 5.

Macaroni !, Thomas Campi & Vincent Zabus
Editions Dupuis

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