Chroniques, Historique

Des jours et des vies, Gill Paul

L’assassinat de la famille Romanov est un évènement historique qui a fait couler beaucoup d’encre. Et si certains membres de la famille impériale avaient pu échapper au massacre ? Malgré de récentes analyses scientifiques, le mystère reste entier. Gill Paul s’en est emparée pour exposer ses propres hypothèses et faire vaciller nos certitudes.

Qu’en dit l’éditeur ?

2016. Confrontée à l’infidélité de son mari, Kitty Fisher s’envole pour le nord des États-Unis et trouve refuge dans un chalet isolé sur les rives du lac Akanabee. Alors qu’elle rénove la bâtisse qui a appartenu à son arrière-grand-père, elle découvre un magnifique bijou dont l’origine lui révélera une histoire qu’on croyait enfouie à jamais.
1914. La guerre fait rage entre les empires russe et allemand. La grande-duchesse Tatiana, fille aînée du tsar, porte secours aux blessés dans un hôpital de Saint-Pétersbourg. C’est là qu’elle rencontre un officier de la cavalerie, Dimitri. Mais la Russie est au bord de la rébellion, et la famille régnante, les Romanov, fait face à un futur aussi terrifiant qu’incertain…

« En dépit des propos de la princesse Irène, il se jura que, sauf si on lui présentait la preuve absolue de la mort de Tatiana, il ne perdrait jamais espoir. Jamais. »

Qu’en pensent les nuages ?

Bien qu’agréable, ce fut une lecture mitigée. Gill Paul a fait le choix d’une double temporalité pour nous livrer les sentiments de Dimitri, amoureux transi de la grande-duchesse Tatiana Romanov, et de Kitty son arrière-petite-fille. Même si l’histoire personnelle de Kitty ne présente pas beaucoup d’intérêt, cette alternance entre les époques fonctionne très bien.

J’ai trouvé que la première partie du roman est passionnante. Le lecteur assiste à la déchéance quasi inéluctable de la famille impériale. La révolution russe est aux portes… On suit également pas à pas l’histoire d’amour entre Dimitri et Tatiana. Des œufs de Fabergé aux relations de la famille avec Raspoutine, l’auteure nous fait profiter d’un excellent travail de recherches. Ne connaissant pas certains détails de cet épisode historique, j’ai profité de ma lecture pour approfondir mes connaissances au moyen de quelques articles trouvés sur internet. J’ai ainsi pu constater à quel point le roman est bien documenté. Gill Paul cite d’ailleurs ses sources en fin d’ouvrage. Elle n’a pas hésité à inclure dans son roman des passages du vrai journal intime de Tatiana Romanov. Il faut dire que le récit couvre une vaste période historique : de la première guerre mondiale à l’année 2016. Il est donc jalonné de faits historiques crédibles et correctement insérés, comme l’avènement du régime soviétique ou la montée du nazisme à Berlin.

En parallèle de l’histoire de Dimitri, Kitty mène sa propre enquête pour en savoir plus sur son ancêtre. Cette enquête lui permet d’ailleurs de prendre du recul quant à ses problèmes conjugaux. Fort des passages dédiés à son arrière-grand-père, le lecteur en sait plus que Kitty sur les secrets familiaux qu’elle essaye de résoudre. Il a pour ainsi dire une longueur d’avance. J’ai aimé la suivre dans ses recherches, sa quête d’indices pour finalement découvrir la vérité. Dimitri et Kitty font tout d’eux preuve de persistance et ne cèdent finalement pas au désespoir. Leur sensibilité et leur façon de gérer le deuil est touchante. De part sa psychologie et son histoire, Dimitri m’a rappelé les héros romantiques : sa mélancolie, ses sentiments à fleur de peau, son goût pour l’alcool, ses aspirations qui lui échappent et son replis sur sa propre existence.

Malheureusement, la dernière partie du roman (qui selon moi débute aux chapitres 53) m’a moins convaincue. L’auteure est en roue libre et s’éloigne des faits historiques pour alimenter l’hypothèse d’une survivante. Et si…? Même si ses suppositions sont de prime à bord cohérentes, j’ai eu du mal à me plonger dans cette version beaucoup plus romancée de l’histoire. Le personnage de Dimitri m’est devenu moins amical : ses choix égoïstes et les affres de son infidélité m’ont tout simplement ennuyés. Alors, oui la relation entre Dimitri et Tatiana pourrait apparaître comme l’amour avec un grand A. Mais, je l’ai trouvée par moments bien superficielle.

J’ai apprécié la lecture de ce roman bien documenté qui ravive les mystères de la dynastie Romanov, sans pour autant être convaincue par les hypothèses de l’auteure.

Note : 3 sur 5.

Des jours et des vies, Gill Paul
Editions Charleston (disponible aussi aux éditions Pocket)

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