Chroniques littéraires, SF / Fantastique

Time salvager – Wesley Chu | Avis

Voyage temporel et virée dans l’espace : un livre de SF abordable

N’est pas chronmen qui veut! Dans un monde où les voyages temporels sont possibles, Wesley Chu nous invite à suivre les aventures de James Griffin. Un roman de science-fiction aux thématiques écologiques prenantes.

Qu’en dit l’éditeur ?

La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que les Chronmen, des voyageurs du temps, vont régulièrement chercher dans le passé. James est l’un d’eux : désabusé, abîmé par chaque voyage, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses supérieurs, veillant au respect scrupuleux des Lois temporelles qui régissent chaque bond dans le temps, le trouvent de plus en plus ingérable. Si ce n’était son talent et son expérience inégalée, ils l’auraient mis dehors depuis longtemps.
C’est pourtant James qui est choisi pour exécuter une mission cruciale : on l’envoie effectuer une récupération sur la plateforme Nutris, juste avant l’explosion qui va ravager la Terre. James sait qu’il a peu de chance de réussir, mais s’il y parvient, il obtiendra une confortable retraite et pourra passer son temps à se saouler, seul, en ruminant le passé, son loisir préféré.
Il accepte, mais sa rencontre avec Elise, une biologiste de génie qu’il sait condamnée, va changer la donne. Incapable de la laisser derrière lui, il brise la première et plus importante des Lois temporelles en ramenant la jeune femme dans son présent.

« On a tout gâché, reconnut-il. En 2098, neuf mois après l’explosion de la plateforme Nutris, les vieilles habitudes ont repris le dessus. La Troisième Guerre mondiale est partie d’une querelle sur les droits coloniaux de la Lune, de Mars, et des gisements miniers de la ceinture d’astéroïdes. La famine, la misère et la contamination de la planète ont très vite suivi. Notre civilisation a décliné, elle a dilapidé ses ressources dans la guerre et perdu de précieuses avancées technologiques. En un rien de temps, les mentalités ont changé : la priorité n’était plus l’innovation et la prospérité, mais la simple survie égoïste. »

Qu’en pensent les Nuages ?

Isola-techs, chronoflux, atmo, ou encore coli tout autant de mots qui m’étaient inconnus jusqu’à la lecture de Time Salvager. Wesley Chu utilise un lexique imaginaire avec parcimonie pour nous plonger dans un univers spatial aux côtés de James, chronmen de rang 1. A la limite du burn-out et fuyant ses problèmes dans l’alcool, cet anti-héros est désillusionné au possible. Dans un futur plutôt sombre et dénué d’espoir, il se voit confier des missions de récupération dans le passé. Eparpillée dans l’espace, l’humanité manque de ressources énergétiques. Piller le passé grâce aux sauts temporels permet de subsister et de pallier la mauvaise gestion des biens encore disponibles. La situation sur Terre n’est pas plus reluisante. Atteinte par un fléau baptisé Terravirus, la planète est entièrement contaminée. Mais est-ce aussi irréversible qu’on le prétend?

Au départ très manichéen, le schéma narratif s’enrichit et brouille les pistes. Au fil des pages, les rôles s’inversent, les intérêts se dévoilent et les mensonges sont découverts. L’auteur multiplie les jeux de pistes, les course-poursuites et les manipulations plus ou moins subtiles. L’intrigue est bien menée, immersive et fait écho à quelques préoccupations écologiques actuelles. Les enjeux économiques et la soif matérialiste des corporations bloquent les tentatives de changement. En la personne d’Elise, biologiste terrienne brillante, une lueur d’espoir brille et apporte au récit une touche optimiste.

J’ai apprécié l’univers très fourni mais pas assommant de termes spécifiques. Ayant repéré l’expression « voyageurs du temps » sur la 4ème de couverture, je m’attendais à une dimension un peu plus historique. Les époques traversées correspondent pour la plupart au « futur » des personnages, et quelques explications supplémentaires m’auraient permis de mieux me repérer.

Marqué au fer rouge par son passé et la perte d’êtres chers, James est un héros intéressant qui évolue progressivement. De marginal antipathique, il devient un membre utile d’une communauté d’autochtones et s’ouvre aux contacts des Elfreth. Les personnages secondaires sont tout aussi convaincants et équilibrent les sautes d’humeur de James. En parallèle de l’action, la romance entre Elise et James est prévisible sans être pesante. Persévérante et pleine de bonne volonté, Elise s’adapte tant bien que mal à sa nouvelle situation. Sa sensibilité et son sens des relations humaines complètent parfaitement les compétences techniques du héros. Ce duo inhabituel fonctionne très bien.

Magré un récit au rythme soutenu, j’ai regretté quelques longueurs, notamment les scènes d’affrontements que j’ai lues en diagonale. Les descriptions sont détaillées et très cinématographiques. Ce n’est pas surprenant que le roman soit en cours d’adaptation par Michael Bay.

Time Salvager est un lecture détente pour les amateurs de science-fiction soft. Sa fin ouverte laisse deviner une suite que je lirais avec plaisir.

Note : 3.5 sur 5.

Time salvager, Wesley Chu
Parution : 09/09/2021
Editions Outrefleuve
528 pages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s